Les dernières nouvelles

Crédit photo: Champa Sok
Zone de gestion, 7 août 2025

De la peinture dans le cours d’eau?

Cyanobactéries et dermatose du baigneur : mieux comprendre pour mieux prévenir

L’eau d’un lac ou d’une rivière qui prend une teinte vert fluo, turquoise ou huileuse peut faire penser à une coulée de peinture. Pourtant, ce phénomène naturel indique souvent la présence de micro-organismes bien réels : les cyanobactéries ou, dans certains cas, d’autres agents liés à la dermatose du baigneur. Bien que ces phénomènes soient fréquents en été, ils ne sont pas anodins et peuvent poser des risques pour la santé humaine et l’écosystème aquatique.

Les cyanobactéries : un signe de déséquilibre

  • Les cyanobactéries, parfois appelées algues bleu-vert, sont des micro-organismes photosynthétiques présents naturellement dans les milieux aquatiques.
  • Lorsqu’ils sont en trop grande quantité, on parle de bloom ou floraison.
  • Certaines espèces produisent des toxines qui peuvent causer des irritations de la peau, des yeux, des nausées ou, dans de rares cas, des atteintes plus graves au foie ou au système nerveux si l’eau est consommée ou inhalée.

La dermatose du baigneur : invisible, mais irritante

  • La dermatose cercarienne, communément appelée dermatose du baigneur, est une affection cutanée causée par de minuscules parasites présents dans certains plans d’eau douce.
  • Ces parasites sont les larves de vers plats (trématodes) qui vivent dans les oiseaux aquatiques.
  • En cherchant un hôte, ils peuvent pénétrer accidentellement la peau humaine, causant des démangeaisons intenses et des éruptions cutanées semblables à des piqûres d’insectes.
  • Bien qu’inoffensive à long terme, la dermatose peut être très désagréable.

Pourquoi ces phénomènes apparaissent-ils?

Ces deux types de problèmes sont accentués par les activités humaines. Les cyanobactéries prolifèrent dans des eaux chaudes, stagnantes et riches en nutriments, notamment en phosphore et azote, issus du ruissellement agricole, de fertilisants domestiques, des eaux usées ou de l’érosion des sols. Quant à la dermatose du baigneur, elle survient surtout dans les zones peu profondes, calmes et chaudes, où les oiseaux aquatiques sont nombreux.

L’eutrophisation : quand le plan d’eau s’asphyxie

Le phénomène d’eutrophisation survient lorsque l’eau reçoit un excès de nutriments, entraînant une prolifération excessive d’algues et de micro-organismes. Cette surabondance réduit la quantité d’oxygène disponible dans l’eau et mène au vieillissement prématuré du plan d’eau. Les floraisons de cyanobactéries sont l’un des symptômes les plus visibles de ce déséquilibre écologique.

Comment limiter notre exposition?

Voici les conseils santé du Ministère de la Santé et des Services sociaux du Gouvernement du Québec:

 

Prévenir à la source : protéger nos plans d’eau

Quelques petits gestes simples…

  • Maintenez ou restaurez des bandes riveraines végétalisées : elles filtrent les polluants avant qu’ils n’atteignent l’eau.
  • Limitez l’usage d’engrais et de pesticides, particulièrement à proximité des plans d’eau.
  • Gérez adéquatement les eaux usées (fosses septiques, stations d’épuration).
  • Évitez de nourrir les canards: Même si cela peut sembler inoffensif, nourrir les canards avec du pain ou d’autres restes alimentaires contribue à déséquilibrer l’écosystème aquatique. En plus d’attirer un plus grand nombre d’oiseaux qu’un plan d’eau peut naturellement supporter, cela augmente les risques de dermatose du baigneur, car ce sont leurs excréments qui servent de vecteurs aux parasites.

 

Bonne fin de saison estivale!