Destruction des habitats fauniques et floristiques

Modéliser les corridors écologiques potentiels en Outaouais, selon une démarche scientifique rigoureuse et concertée, afin de les intégrer aux outils de planification territoriale stratégique locales et régionales | CREDDO

Orientation 4.1 | Action 4.1.2.7

  • Zones terrestres ou aquatiques, formées d’un ou plusieurs milieux naturels distincts, les corridors écologiques favorisent la connectivité entre les habitats, permettant aux espèces de circuler, de s’alimenter et de se reproduire.
  • Les identifier et les gérer à long terme, représente une opportunité de redéfinir notre manière d’entreprendre nos activités pour qu’elles soient durables et compatibles avec les processus naturels.

Le CREDDO, dans le cadre de l’Initiative québécoise Corridors écologique (IQCÉ) qui se déploie à l’échelle de onze régions du Québec et sous la gouverne du projet Kidjimaninan de la communauté autochtone de Kitigan Zibi Anishinabeg, a mis en place, en 2024, le Groupe de travail sur la connectivité écologique en Outaouais (GTCO).

Rassemblant une diversité d’acteurs clés de la région de l’Outaouais, le GTCO s’est mis au travail pour l’identification de corridors écologiques essentiels au déplacement de la faune et à la préservation de l’intégrité des écosystèmes à l’échelle régionale.

  • Selon une approche scientifique, des espèces indicatrices et parapluies pour représenter la faune des milieux naturels ont été sélectionnés pour le sud du territoire (ours noir, martre d’Amérique, grande musaraigne, grenouille des bois et salamandre cendrée) et pour le nord du territoire (martre d’Amérique, orignal, loup, castor et grimpereau brun).
  • Grâce à la modélisation de la capacité de déplacements des espèces sélectionnées, une première carte des corridors écologiques potentiels a été réalisée pour le sud du territoire. Ensuite, la tenue de consultations publiques a permis de bonifier la carte.
  • Depuis, une 2e version est disponible et il est possible de la visualiser sur le site Internet du projet. Le projet se poursuit par l’élaboration d’une démarche similaire pour le nord de l’Outaouais.

L’objectif à moyen terme est que les données produites soient utilisées par les MRC de l’Outaouais pour identifier des corridors écologiques dans leur schéma d’aménagement et de développement, et que la connectivité soit intégrée progressivement à la réglementation municipale.

Crédit photo: CREDDO

Explorer les possibilités d’amélioration de la connectivité pour la rainette faux-grillon de l’Ouest au sud du parc du Lac-Beauchamp | Canards Illimités Canada

Orientation 4.1 | Action 4.1.2.8

Au printemps, des membres de l’équipe de Canards Illimités Canada (CIC) a parcouru le secteur près du parc Sanscartier à Gatineau pour mettre à jour les données sur les populations de rainettes faux-grillon et pour repérer de nouveaux sites potentiels de reproduction. Deux nouveaux endroits de reproduction ont ainsi été découverts!

  • Une caractérisation écologique du site a également été réalisée afin d’identifier les types de milieux présents ainsi que les espèces fauniques et floristiques qui les occupent.
  • L’étude se conclura cette année. CIC disposera alors d’une vue d’ensemble permettant d’identifier les interventions possibles et de privilégier des actions respectueuses des écosystèmes.
  • Les données serviront à évaluer des mesures pouvant soutenir la reproduction des rainettes. Elles contribueront donc à la conservation des milieux humides existants.

La rainette faux-grillon de l’Ouest est une espèce parapluie! En protégeant son habitat, on protège automatiquement une multitude d’autres espèces qui profitent des mêmes milieux naturels. Autrement dit, elle « ouvre son parapluie » au-dessus de tout un écosystème.

Cela permet de concentrer les efforts de conservation, car les actions menées pour cette rainette profitent à de nombreuses autres espèces. Dans ce cas, les étangs temporaires et leur connectivité sont bénéfiques pour plusieurs espèces d’amphibiens, d’insectes et de plantes sensibles.

Ce projet a été réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada agissant par l’entremise du ministère fédéral de l’Environnement et du Changement climatique. Le projet s’insère dans l’Initiative québécoise pour la protection et la restauration de l’habitat de la rainette faux-grillon de l’Ouest en Montérégie et en Outaouais, pilotée par Nature-Action Québec. Ce même projet a également été réalisé dans le cadre du projet Accélérer la conservation dans le sud du Québec (ACSQ) pour lequel Conservation de la nature Canada a reçu une aide financière du gouvernement du Québec.

Crédit photo: Canards Illimités Canada

Réaliser des travaux de contrôle du roseau commun au parc national de Plaisance et en périphérie de celui-ci | Parc national de Plaisance

Orientation 4.2 | Action 4.2.3.2

  • L’histoire commence entre Montebello et Papineauville, où les premières colonies de roseaux communs apparaissent vers 2006.
  • En 2013, l’espèce explose le long de la route 148 et fait ses premières apparitions dans le parc.
  • L’équipe élimine rapidement les jeunes colonies… mais une menace bien plus grande se profile : le marais Perras, vaste de 500 ha, difficile d’accès et vulnérable à une invasion massive est alimenté par les graines transportées par le vent depuis la route 148.
  • Pour contrer cette menace, une collaboration clé avec Transports Québec démarre en 2018 : couper les tiges à la fin de l’été avant la dispersion des graines. En parallèle, l’équipe du parc entreprend inventaires et interventions ciblées.
  • Grâce au soutien de la Fondation de la faune du Québec, les actions s’intensifient dès 2020 : bâchage de grandes superficies, arrachage manuel des rhizomes, suivi par drone et transport des toiles en canot.

« Nous ne gagnerons jamais la bataille contre un tel envahisseur. L’idée est d’en arriver à un niveau où sa présence pourrait être contrôlée via un effort représentant moins de 2 semaines par année, par exemple. » – Jean-François Houle, Responsable du service de la conservation et de l’éducation

  • Entre 2023 et 2025, 100 % des colonies du marais Perras ont été contrôlées, soit plus de 6 000 m² de roseaux, dont environ 4 500 m² bâchés et 500 m² arrachés (rhizomes), en plus des premiers retraits de toiles et de la revégétalisation de 1500 m². Un travail colossal, mais essentiel pour préserver des milieux sensibles riches en biodiversité.
  • Depuis 2025, le groupe de recherche RARE, qui se spécialise en restauration de milieux humides, s’affaire, via un projet de maitrise, à tester différentes méthodes de revégétalisation lors du retrait des bâches.

La suite ? Consolider un partenariat régional pour faire de la périphérie du parc un véritable « No Phrag’s land ». Plusieurs municipalités voisines, notamment Canton Lochaber, Plaisance et Papineauville, joignent déjà leurs forces au champ de bataille. Ce projet illustre parfaitement la force de la persévérance, de la résilience et d’une collaboration bien ancrée sur le terrain.

Crédit photo: Parc national de Plaisance

Coordonner une lutte régionale contre les plantes exotiques envahissantes dans la MRC de Papineau | OBV RPNS

Orientation 4.2 | Action 4.2.3.5

  • Pays de l’or vert, le territoire de la MRC de Papineau abrite un patrimoine naturel remarquable. Ne faisant pas exception au sud du Québec, ses milieux naturels sont mis à mal par la propagation de certaines plantes exotiques envahissantes (PEE), comme le roseau commun (Phragmites australis), la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) ou la renouée du Japon (Reynoutria japonica) — espèces qui s’établissent rapidement, supplantent la flore locale, ont des impacts économiques et posent même parfois de graves risques sanitaires.
  • L’OBV RPNS, en collaboration avec la MRC de Papineau et plusieurs municipalités (Fassett, Plaisance, Papineauville, Lochaber, Lochaber-Partie-Ouest), coordonne donc un large projet de lutte contre ces trois PEE, depuis l’été 2025.
  • Les grands axes du projet sont : 1) Documenter la présence de ces espèces sur le territoire; 2) Soutenir les municipalités dans la priorisation et la mise en œuvre d’interventions terrain et 3); Sensibiliser et mobiliser des acteurs clés du milieu et le grand public.

La renouée du Japon cache un superpouvoir inquiétant : ses rhizomes peuvent s’étendre jusqu’à 7 mètres sous terre et repousser même après plusieurs années d’inactivité… un vrai zombie végétal! En prime, ses tissus contiennent des substances chimiques qui freinent la croissance d’autres plantes autour d’elle, un peu comme si elle faisait le vide pour régner en reine sur le terrain.

  • Le projet s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan régional des milieux humides et hydriques (PRMHH) de la MRC de Papineau et est rendu possible grâce au soutien financier de la Fondation de la faune du Québec, du MELCCFP, de la MRC de Papineau et des municipalités impliquées. Le Parc national de Plaisance contribue également à l’effort collaboratif. Plusieurs ressources, tel qu’un formulaire de signalement, des fiches d’identification sont déjà rendues disponibles sur le site internet de l’OBV RPNS.
Crédit photo: Matteo Bellucci

Travailler de pair avec les organismes de bassins versants, les sociétés de conservation et les municipalités pour sensibiliser la population sur les enjeux liés aux espèces exotiques envahissantes (EEE) | MRC de Pontiac

Orientation 4.2 | Action 4.2.1.4

  • La MRC souhaite donc collaborer avec les organisations locales notamment pour la réalisation de campagnes de sensibilisation ainsi que l’élaboration d’un programme pêche en herbe.