Acquérir des connaissances sur la présence et l’abondance des moules d’eau douce et de l’esturgeon jaune dans le lac Témiscamingue | Première Nation de Timiskaming
Orientation 4.1 | Action 4.1.2.9
Les moules d’eau douce comptent parmi les espèces les plus méconnues, et pourtant les plus essentielles des écosystèmes aquatiques. Sur les 22 espèces recensées au Québec, 20 sont présentes dans la rivière des Outaouais | Kichi Sibi, et plus du tiers sont considérées en situation précaire, dont l’obovarie olivâtre.
- Le cycle de vie des moules d’eau douce est complexe et intimement lié à certaines espèces de poissons. Leurs larves, appelées glochidies, doivent temporairement s’accrocher aux branchies d’un poisson-hôte afin de se métamorphoser en moules juvéniles avant d’être relâchées dans les sédiments.
- Dans le cas de l’obovarie olivâtre, l’esturgeon jaune, ou Name en Anishnaabemowin, constitue l’un de ses principaux hôtes. La libération des glochidies se synchronise souvent avec la période de fraie des esturgeons, au début de l’été, qui signifie une plus grande présence de poissons au même endroit ainsi qu’une plus grande chance de dispersion par la suite !
- Or, les populations d’esturgeon jaune, espèce d’une grande importance culturelle pour la Nation Anishnaabe, ont connu un important déclin au fil des décennies, notamment en raison de la fragmentation de la rivière par les barrages hydroélectriques.
- Bien qu’une petite population subsiste en amont du barrage Témiscamingue, les connaissances demeurent très limitées quant à la présence et à l’abondance de ces deux espèces dans ce secteur.
Les moules d’eau douce jouent un rôle écologique majeur : un seul individu peut filtrer entre 20 et 50 litres d’eau par jour, contribuant ainsi à améliorer la qualité de l’eau et à maintenir des habitats aquatiques en santé.
Afin d’en apprendre davantage sur ces espèces étroitement liées, la Première Nation de Timiskaming, en collaboration avec la TCO et l’OBVT, mènera cet été une série d’inventaires dans le lac Témiscamingue. Grâce au soutien financier de la Fondation de la faune du Québec et du gouvernement du Québec, le projet combinera des inventaires en plongée sous-marine réalisés par la réputée exploratrice et plongeuse Jill Heinerth à des analyses d’ADN environnemental menées avec le soutien du MELCCFP. Les résultats permettront de mieux documenter la présence des moules d’eau douce et d’identifier des secteurs pouvant bénéficier d’efforts de conservation et de restauration.